Ne lui parlez pas de beurre doux, ne lui proposez pas de partir sur Paris pour le travail ou de rester assise derrière un bureau pendant huit heures, Anaïs Queinnec ne daignera même pas
vous répondre tant toutes ces choses semblent ineptes. Elle a travaillé pour vivre plutôt que travailler pour le plaisir, pendant trop d’années.
« Allez Anaïs, il faut vendre, c’est comme ça que cela se passe dans la banque », ce genre de phrase, elle les a trop entendues. Pendant sept ans, elle est passée de secrétaire comptable administrative au monde bancaire sans trouver sa voie. Sauf qu’Anaïs est avant tout humaniste, proche de la nature, de son océan et des forêts bretonnes. Elle a besoin du contact humain, d’aider les gens, de travailler avec ses mains. Elle veut se rendre utile pour les autres, afin que son activité ait un impact positif autour d’elle. Elle désire que son métier soit créatif, et pas uniquement du travail à la chaîne. D’ailleurs, si Anaïs n’avait pas trouvé sa voie, elle se serait destinée à un métier de fleuriste. Sauf qu’il n’en est rien, puisqu’après son burn out et des problèmes de santé, elle se met à la couture pour se changer les idées. Elle récupère la machine à coudre de sa grand-mère, elle se vide la tête en créant des accessoires pour des amis et des proches. Elle se prend au jeu, elle apprend toute seule avec des tutos sur YouTube. Elle lance sa micro-entreprise, développe ses réseaux sociaux puis s’exporte sur les marchés pour vendre ses créations. La machine est lancée.


« La vie est surprenante parfois, quand tout semble bloqué, ça se décoince comme par magie. »

Durant l’année 2022, Anaïs doit quand même exercer un petit boulot alimentaire, en plus de son activité de couturière indépendante. Puis, un an plus tard, elle se lance à plein temps dans la couture et décide de suivre la formation de Rapid couture. Aussitôt, c’est le déclic. Elle trouve ça « juste beau » de modifier un vêtement et l’adapter à la personne. Le gérant de Rapid couture, lui propose de se mettre à son compte et d’ouvrir un atelier. Cela fait sens, même si Anaïs émet une réserve :

J’avais un doute sur ma capacité à être gérante, mais quand on a commencé les démarches ensemble, toutes les portes se sont ouvertes.


Elle ouvre son atelier en octobre 2023 et désormais, Anaïs dispense des formations pour d’autres couturières. Elle souhaite redonner ce qu’on lui a permis de réaliser. Et quand elle se pose quelques instants au bord de l’océan, près de Quimper dans son Finistèr tant aimé, elle se dit qu’il y a peu, elle était en burn out, avec des problèmes de santé, perdue et seule. Maintenant, elle est cheffe d’entreprise dans un secteur inconnu il y a peu et elle forme même d’autres personnes. Elle s’est trouvée et ses clients l’ont découverte, pour le plus grand bonheur d’Anaïs. « C’est comme un rêve », se dit-elle